Comment calculer les droits de succession


 Abattements
 Tarif applicable selon le lien de parenté avec le défunt
 Réductions pour enfants
 "Non-rappel" des donations de plus de 6 ans
 Renonciation anticipée à l'action en réduction
 Renonciation à succession
 Libéralités graduelles et résiduelles


L'impôt est calculé sur la part nette (biens imposables - dettes déductibles) revenant à chaque héritier ou légataire, après abattement et par application d'un tarif, qui diffèrent selon son lien de parenté avec le défunt.

Abattements


Selon les héritiers :
  • 76 000 € pour le conjoint survivant,
  • 57 000 € pour le partenaire lié au défunt par un PACS,
  • 50 000 € pour chaque ascendant ou enfant vivant ou représenté, par décès ou, à compter du 01.01.2007, par renonciation,
  • 5 000 € par frère ou sœur vivant ou, à compter du 01.01.2007, représenté (par décès ou renonciation),
    sinon 57 000 € pour chaque frère ou soeur de + de 50 ans (ou infirme, quel que soit l'âge), vivant au domicile du défunt depuis + de 5 ans.

Les handicapés bénéficient d'un abattement spécial de 50 000 €.

Depuis le 01.01.2005, les successions en ligne directe (descendants et ascendants) ou entre époux ouvrent droit à un abattement supplémentaire globale de 50 000 € réparti au prorata de la part de chaque bénéficiaire après application des abattements spécifiques auquel chacun a droit.

A défaut d'autre abattement, chaque héritier ou légataire bénéficie d'un abattement de 1 500 € sur sa part.

Le projet de loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat, présenté en Conseil des ministres du 20.06.2007, et dont le texte sera examiné au Parlement durant la session extraordinaire d'été, prévoit, à compter de la date de publication de la loi :

  • la suppression totale des droits de succession entre époux et partenaires pacsés (autrement dit les abattements de 76 000 € et de 57 000 € seront sans objet),
  • le relèvement de 50 000 € à 150 000 € de l'abattement applicable en ligne directe,
  • le relèvement de 5 000 € à 15 000 € de l'abattement applicable sur la part des frères et soeurs
  • et l'instauration d'un abattement de 5 000 € applicable sur la part des neveux et nièces (abattement déjà appliqué depuis le 01.01.2006, en cas de donation).

En contrepartie de ces mesures, l'abattement global de 50 000 € applicable sur l'actif net successoral recueilli par le conjoint survivant et/ou les descendants et ascendants serait supprimé.

Tarif applicable selon le lien de parenté avec le défunt

Transmissions entre époux

Tranches de part imposable

Taux d'imposition

Jusqu'à 7 600 €

5 %

Entre 7 600 € et 15 000 €

10 %

Entre 15 000 € et 30 000 €

15 %

Entre 30 000 € et 520 000 €

20 %

Entre 520 000 € et 850 000 €

30 %

Entre 850 000 € et 1 700 000 €

35 %

Au-delà de 1 700 000 €

40 %



Transmissions entre partenaires ayant conclu un PACS

Tranches de part imposable

Taux d'imposition

Jusqu'à 15 000 €

40 %

Au-delà de 15 000 €

50 %



Transmissions entre ascendants et descendants

Tranches de part imposable

Taux d'imposition

Jusqu'à 7 600 €

5 %

Entre 7 600 € et 11 400 €

10 %

Entre 11 400 € et 15 000 €

15 %

Entre 15 000 € et 520 000 €

20 %

entre 520 000 € et 850 000 €

30 %

entre 850 000 € et 1 700 000 €

35 %

Au-delà de 1 700 000 €

40 %



Transmissions entre frères et soeurs

Tranches de part imposable

Taux d'imposition

Jusqu'à 23 000 €

35 %

Au-delà de 23 000 €

45 %



Transmissions entre d'autres personnes

Lien de parenté avec le défunt

Taux d'imposition

Jusqu'au 4e degré

55 %

Au-delà ou en l'absence de lien de parenté

60 %


Réductions pour enfants
Chaque héritier ou légataire ayant (ou ayant eu) 3 enfants au moment de l'ouverture de la succession (lors du décès) bénéficie d'une réduction de l'impôt brut obtenu après application du tarif. Cette réduction est égale :
  • pour chaque enfant à partir du troisième,
  • à 610 € pour les successions entre conjoints, ascendants ou descendants (305 € pour les autres successions).

EXEMPLE : une personne décède, laissant pour seuls héritiers 2 fils sans enfant. L'actif net de la succession s'élève à 200 000 €.

Les droits de succession sont calculés de la façon suivante :
  • part nette imposable (200 000 € / 2) = 100 000 €
  • abattement spécifique par enfant de 50 000 €
  • répartition de l'abattement global de 50 000 € : (50 000 € / 2) = 25 000  €
  • part nette imposable (après abattements) : (100 000 € - 50 000 € - 25 000 €) = 25 000 €

  • tarif imposable :
    5 % sur 7 600 € = 380 €
    10 % sur 3 800 € = 380 €
    15 % sur 3 600 € = 540 €
    20 % sur 10 000 € = 2 000 €
  • total des droits : 3 300 €

    Le montant total des droits dus par les 2 fils s'élève donc à 3 300 €.

"Non-rappel" des donations de plus de 6 ans

Le délai au-delà duquel les donations antérieures consenties par le défunt au même bénéficiaire ne sont pas prises en compte pour le calcul des droits de succession est fixé à 6 ans à compter de 2006.

Renonciation anticipée à l’action en réduction

Cette renonciation autorisée par la nouvelle loi par le biais d’unreprésenté n’est pas soumise aux droits de succession.
Cette disposition est conforme au droit civil qui stipule que cette renonciation ne constitue pas une libéralité.

Renonciation à succession

Les droits dus par les héritiers acceptants sont désormais calculés comme si ces derniers étaient les bénéficiaires directs de la succession.

REMARQUE : Jusqu’à présent, il fallait procéder à une double liquidation de l’impôt.
En effet, l’impôt à payer par celui qui acceptait à la place du renonçant ne pouvait être inférieur à celui qui aurait été du par le renonçant s’il avait accepté la succession.

Libéralités graduelles et résiduelles

Un nouveau dispositif définit le régime fiscal des libéralités graduelles et résiduelles instituées, à compter du 01.01.2007, par la réforme des successions.

Au décès du testateur ou lors de la donation, le premier bénéficiaire (légataire ou donataire) est redevable des droits de succession ou de donation au tarif habituel. Le second bénéficiaire n’est redevable d’aucun droit.

Au décès du premier bénéficiaire (légataire ou donataire), le second bénéficiaire est imposable aux droits de succession ou de donation d’après son degré de parenté avec le testateur (ou le donateur). Les taux applicables et la valeur imposable des biens transmis sont déterminés en se plaçant à la date du décès du premier bénéficiaire. Mais les droits payés qui ont été acquités par le premier bénéficiaire sont imputés sur ceux dus sur les mêmes biens par le second bénéficiaire.