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L'Europe bancaire
Accès et exercice de la profession bancaire :
agrément unique Accès et exercice de la profession bancaire :
règles prudentielles Utilisation des services bancaires Crédit à la consommation Crédit immobilier
La réalisation d'un marché bancaire
unique européen implique :
Les principes de libre prestation de services
et de liberté d'établissement permettent à l'épargnant
européen de placer son argent dans les différents pays
membres de l'Union.
Afin, notamment, de protéger l'investisseur,
le droit communautaire assure une réglementation minimale de
l'exercice des professions bancaires, ainsi que du rôle d'intermédiaire
financier. Les différents pays européens ont progressivement
intégré les dispositions de ces directives en droit interne.
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Accès et exercice de la profession
bancaire : agrément unique
L'harmonisation des règles communautaires
en matière d'agrément des établissements de crédit
a conduit au système de l'agrément unique, véritable
"passeport européen".
Tout établissement de crédit agréé
dans l'un des États membres pour y exercer une ou plusieurs activités
peut désormais exercer ses activités dans un autre État
membre, sous réserve de la notifier préalablement aux
autorités compétentes de ce dernier :
L'agrément accordé, sous conditions,
par l'autorité compétente de l'État où se
situe le siège de l'établissement, bénéficie
de la reconnaissance mutuelle des autres États membres :
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Accès et exercice de la profession
bancaire : règles prudentielles
De façon générale, trois grandes
règles ont vocation à s'appliquer :
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Utilisation des services bancaires
Tout particulier qui réside dans l'un
des États membres est notamment libre d'ouvrir un compte bancaire
dans l'établissement de son choix, qu'il soit ou non situé
dans l'État où il réside et qu'il s'agisse d'un
établissement étranger (succursale) ou non.
Cette libre utilisation des services bancaires
en Europe résulte de la suppression du contrôle des changes,
effective en France depuis 1990.
Parallèlement, un certain nombre de dispositions
ont été adoptées pour renforcer la protection des
consommateurs européens. Il s'agit d'une protection minimale,
chaque État membre restant libre de modifier sa législation
nationale dans un sens plus restrictif, donc plus favorable aux consommateurs.
Suppression du contrôle des changes
La suppression du contrôle des changes permet
donc aux particuliers :
Les frais prélevés sur les paiements électroniques (paiements par carte bancaire et retraits dans les distributeurs) d'un montant maximum de 50 000 €, effectués par un résident d'un État membre dans un autre État, ainsi que le coût des virements transfrontaliers dans la zone euro, dans la même limite maximale, sont alignés sur les frais similaires prélevés au niveau national. Depuis le 28.01.2008, ces opérations sont facilitées par l'instauration du système de virement européen Sepa (single euro payments area). Ce nouvel espace unique de paiement en euros permet de doter les 27 pays membres de l'UE (+ Norvège, Islande, Liechtenstein et Suisse) d'une gamme unique de moyens de paiement en euros : virement, carte et prélèvement. Comptes bancaires et rémunération
des dépôts
Aucune directive n'impose ou n'interdit la rémunération des dépôts. Cette pratique est toutefois largement répandue en Europe, alors même que la France faisait encore récemment exception à la règle. Rappelons en effet que, dans un arrêt du 05.10.2004, la Cour de justice des communautés européennes avait jugé la réglementation française interdisant la rémunération des comptes à vue contraire au principe communautaire de liberté d'établissement. Selon la Cour, cette interdiction avait en effet pour conséquence de restreindre l'accès au marché français de filiales de sociétés européennes en les empêchant de concurrencer efficacement les établissements établis de longue date en France. Un arrêté du 08.03.2005 (JO du 16.03.2005) a levé l'interdiction de rémunération des comptes de dépôts en France. Le taux de rémunération est généralement
lié au montant des liquidités disponibles sur le compte.
En contrepartie, les établissements de certains États
facturent chèques et services bancaires de base (ouverture du
compte, suivi, etc.).
Les modalités d'ouverture ne sont pas
fixées par la législation communautaire. Chaque pays dispose
donc de règles propres.
Le non-résident qui désire ouvrir un
compte doit notamment présenter sa carte d'identité et
une attestation de domicile. Les résidents fiscalement domiciliés
en France, qui ouvrent un compte à l'étranger, doivent
obligatoirement le déclarer auprès de l'administration
fiscale française sur un imprimé récapitulant le
nom de la banque et le numéro de compte. La non-déclaration
est passible d'une amende.
La clôture d'un compte détenu à
l'étranger par un résident français doit également
être déclarée dans les mêmes conditions.
Garantie des dépôts
Dans la plupart des États membres, les établissements
de crédit sont tenus d'adhérer à un système
de garantie des dépôts.
Ces différents systèmes de garantie
permettent de couvrir les dépôts d'un même déposant,
à concurrence de 20 000 €, sous réserve
d'un système plus favorable adopté par chaque pays (Le 18.12.2008, le Parlement européen a adopté une résolution visant à augmenter cette garantie minimale à 50 000 € en 2009, puis à 100 000 € d'ici au 31.12.2010).
Virements transfrontaliers
La directive du 27.01.97 a amélioré
les services de virements transfrontaliers d'un montant n'excédant
pas 50 000 €, à l'exclusion de ceux ordonnés
par des établissements de crédit et institutions financières
notamment.
Cette directive impose :
Sauf cas de force majeure, si le bénéficiaire
ne perçoit pas les fonds transférés, la banque
doit, dans les 14 jours ouvrables suivant la demande de virement,
rembourser le montant du virement à concurrence de 12 500 €
majoré des frais et intérêts de retard.
La France a intégré ces dispositions dans la loi du 25.06.99 relative à l'épargne et à la sécurité financière. REMARQUE : le coût des virements transfrontaliers de banque à banque, d'un montant maximal de 50 000 €, est désormais aligné sur celui des virements nationaux. Vers une gamme unique de moyens de paiement en euros Le projet SEPA (Single Euro Payments Area espace unique de paiement en euros) est un projet européen qui sinscrit dans le prolongement du passage à la monnaie unique.Il a pour ambition de doter les habitants de l'UE, ainsi que ceux de Norvège, d'Islande, du Lichtenstein et de Suisse, de moyens de paiement scripturaux communs (virements, cartes et prélèvements), permettant de réaliser dans des conditions identiques, quel que soit le pays, des transactions en euros. Depuis le 28.01.2008, les banques des pays de l'Union européenne (UE) et des autres pays concernés proposent un nouveau système de virement qui remplacera progressivement le système de virement national. En pratique, le principal changement du virement SEPA porte sur les coordonnées bancaires du bénéficiaire, l'identification se faisant désormais grâce aux normes IBAN (International Bank Account Number) et BIC (Bank Identifier Code). Dans un premier temps, le projet SEPA concerne les virements et les cartes bancaires, puis les virements à partir de 2010. De 2008 à 2012, les moyens de paiement SEPA vont coexister avec les principaux moyens de paiement actuels, puis vont progressivement les remplacer. REMARQUE : le chèque, le TIP et le porte-monnaie électronique conservent encore un usage strictement national. |
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Crédit à la consommation
Les opérations de crédit à
la consommation peuvent être librement exercées par un
établissement de crédit agréé, dans un autre
État membre de l'Union.
L'harmonisation des législations européennes a franchi un cap avec la directive du 23.04.2008. En effet, contrairement à la première directive du 22.02.1990 qui se bornait à assurer aux emprunteurs ressortissant d'un État membre un niveau minimal de protection, la directive de 2008 contient des dispositions harmonisées. Par conséquent, les États membres, dès lors qu'ils l'auront transposée (d'ici au 12.05.2010), ne pourront maintenir ou introduire dans leur droit national d'autres dispositions que celles établies dans cette directive. Avec pour objectif d'améliorer la protection des consommateurs européens, la directive du 23.04.2008 :
Notion de "contrat de crédit"
sur le plan européen
La directive du 23.04.2008 vise tout
contrat "en vertu duquel un prêteur consent ou s'engage à
consentir à un consommateur un crédit sous la forme d'un
délai de paiement, d'un prêt ou de toute autre facilité
similaire".
Il convient d'entendre par :
En revanche, la directive exclut formellement :
Protection du consommateur européen Toute publicité ou offre de crédit doit mentionner :
Les informations précontractuelles délivrées au candidat emprunteur, obligatoirement par écrit, doivent notamment mentionner :
REMARQUE : une directive européenne de 1998 a harmonisé les différentes méthodes de calcul du TEG en imposant à tous les pays de l'Union la méthode dite équivalente. Depuis le 01.07.2002, cette méthode s'applique en France sous la forme d'un nouveau taux, le TAEG (taux annuel effectif global), aux seuls crédits à la consommation (les crédits immobiliers et ceux destinés aux professionnels ou aux entreprises ne sont pas concernés). Cette nouvelle formule ne change rien au coût réel du crédit et au montant des échéances payées par le consommateur, mais conduit à afficher un taux annuel plus élevé.
La directive de janvier 2008 a instauré un délai de rétrataction de 14 jours (alors que la directive de 1990 n'imposait jusqu'à maintenant aucun délai de réflexion). En France, ce délai est de 7 jours à l'heure actuelle. Les textes communautaires ne définit pas de taux usuraires. En Allemagne, en Espagne et en Grande-Bretagne, notamment, les taux sont définis de façon plus ou moins précise par la jurisprudence.
En revanche, la faculté de remboursement
anticipé a été généralisée
à tous les États membres. Ce droit ne peut être
refusé à aucun emprunteur et s'accompagne d'une "réduction
équitable du coût du crédit", dans les conditions
prévues par chaque État membre. La directive adoptée en janvier 2008 prévoit néanmoins à l'avenir le versement d'une indemnité compensatrice.
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Crédit immobilier
Contrairement au crédit à la consommation,
le crédit immobilier n'a fait l'objet d'aucune directive en vue
d'une harmonisation minimale des règles applicables.
Loi applicable au contrat
Aux termes de la convention de Rome du 19.06.80
relative aux obligations contractuelles, la loi applicable au contrat
est celle choisie expressément par les parties. Toutefois, la
loi choisie doit tenir compte des lois de l'autre pays avec lequel l'opération
est réalisée et ne pas porter atteinte au principe de
la libre prestation de services.
Ainsi, un emprunteur français qui contracte
un prêt auprès d'une banque allemande bénéficie
de la protection de la loi Scrivener.
À défaut de choix, le contrat est
régi par la loi du pays où est situé l'établissement
prêteur.
Protection de l'emprunteur
Il n'existe pas, comme en matière de crédit
à la consommation, de dispositions communautaires visant à
assurer à l'emprunteur une protection minimale.
Comparer le coût du crédit en Europe
reste difficile en pratique, tant les règles de détermination
du taux effectif global peuvent varier d'un pays à l'autre. En
outre, la fixation de taux usuraires constitue une particularité
française.
Dans certains pays, le contrat de prêt
peut interdire la possibilité de remboursement par anticipation.
S'il est autorisé, les modalités d'exercice du remboursement
anticipé sont très différentes d'un pays à
l'autre.
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