L'impôt sur les revenus

 Résidents de France
 Non-résidents de France

En la matière, l'objet des conventions fiscales est d'éviter la double imposition des revenus qui ont leur source dans un État et sont perçus par une personne fiscalement domiciliée dans un autre État.

EXEMPLE : un résident français percevant des revenus locatifs tirés d'immeubles situés en Allemagne.

Chaque convention peut ainsi prévoir, pour chaque catégorie de revenus, si le droit d'imposition est attribué :
  • uniquement à l'État de résidence fiscale (ou domicile fiscal) du contribuable,
  • uniquement à l'État où les revenus trouvent leur source,
  • ou à ces deux États, auquel cas l'État de résidence fiscale du contribuable élimine la double imposition selon la méthode prévue par la convention.

Des régimes spécifiques s'appliquent :
  • aux salariés envoyés à l'étranger par leur employeur établi en France,
  • et aux agents de l'État français exerçant leurs fonctions à l'étranger.
Résidents de France
Toute personne physique, considérée fiscalement comme résident de France, doit déclarer en France, dans les conditions de droit commun, tous les revenus qui y sont imposables, quelle que soit leur source :
  • revenus de source française,
  • et revenus de source étrangère, même si une convention réserve leur imposition au pays de la source (déclaration sur imprimé n° 2047).

Certains revenus de source étrangère sont également imposables dans l'État de source, selon les modalités prévues dans les conventions fiscales internationales signées avec la France.
Non-résidents de France
Les personnes physiques résidant fiscalement hors de France sont imposables dans leur pays de résidence, selon les modalités prévues par leur législation interne.

Imposition en France au titre des revenus de source française

En application de la convention fiscale internationale liant la France à leur pays de résidence, ces personnes sont également soumises en France à une "obligation fiscale limitée", au titre de certains de leurs revenus de source française. Il s'agit, en règle générale :
  • des revenus provenant de biens immobiliers situés en France,
  • des salaires versés en raison d'une activité privée non temporaire exercée en France,
  • des rémunérations publiques versées par l'État français,
  • ainsi que des revenus de valeurs mobilières françaises.

L'impôt français est calculé sur le montant effectif de leurs revenus imposables en France et établi :
  • par "émission de rôle", avec un taux d'imposition minimal de 25 % en principe,
  • ou par voie de retenue à la source, laquelle s'applique principalement aux salaires versés en raison d'une activité privée non temporaire exercée sur le territoire français et aux pensions ou rentes viagères versées à un résident français, selon le barème suivant.
Barème de retenue à la source 2009 sur les salaires

Tranches de revenu par an

Tranches de revenu par mois

Taux applicable

moins de 13 977 €

moins de 1 165 €

0 %

de 13 977à 40 553 €

de 1 165à 3 379 €

12 %

au-delà de 40 553 €

au-delà de 3 379 €

20 %

Pour les ressortissants de pays liés à la France par une convention, la retenue à la source est libératoire de l'IR pour la fraction :
  • taxée à 12 %,
  • c'est-à-dire inférieure à 40 553 € par an pour 2009.

Cette fraction n'est donc pas prise en compte pour le calcul de l'IR et la retenue à la source n'est pas imputable.

En revanche, la fraction imposable qui excède 40 553 € est prise en compte pour le calcul de l'IR, et la partie de la retenue à la source correspondante est imputable sur le montant de cet impôt.

Enfin, si la totalité de la retenue à la source excède le montant d'impôt qui serait exigible en appliquant, à la totalité de la rémunération, l'imposition par voie de rôle, le contribuable peut demander le remboursement de l'excédent de retenue perçu par le fisc.

Imposition en France au titre d'une habitation située en France

Bien que ne disposant pas de revenus de source française, les personnes n'ayant pas leur domicile fiscal en France, mais qui y possèdent une ou plusieurs habitations (à quelque titre que ce soit : propriétaire, usufruitier, locataire, etc.), sont soumises au titre de l'impôt sur le revenu à une taxation forfaitaire minimale.

En pratique, ce dispositif reste peu appliqué compte tenu des nombreuses exceptions qu'il comporte. Notamment, il ne s'applique pas aux résidents d'un pays ayant conclu, avec la France, une convention visant à éviter les doubles impositions.